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Souvenirs d’un élève des Pupilles de l’Air dans les années 60

Publié le 09 février 2026 par Webmaster 5 lectures

Un témoignage de Philippe Callay sur la vie à l’EPA, les valeurs transmises et les rencontres fondatrices

Mon entrée à l’École des Pupilles de l’Air

Contrairement à la majorité de mes camarades, lorsque j’ai intégré l’École des Pupilles de l’Air (EPA) en 1961, je n’étais pas orphelin de père mais de mère, celle-ci étant décédée l’année précédente. Mon père, employé au ministère de l’Air à Paris, était en contact permanent avec un général de l’époque, ce qui m’a permis de me présenter au concours d’entrée. Mon frère, Christian, était déjà "Pipin" depuis deux ans et a poursuivi sa carrière comme ingénieur chez Airbus.

Philippe Callay - A droite : au théatre Les precieuses ridicules (26 mars 1966)
Philippe Callay - A droite : au théatre Les precieuses ridicules (26 mars 1966)

La vie à l’EPA Bd J. Vallier dans les années 60

La vie à l’EPA boulevard Joseph Vallier dans les années 60 était marquée par une grande rigueur. La discipline y était de fer, les contacts avec la famille étaient rares et espacés de plusieurs mois, et le confort restait très sommaire, avec de grands dortoirs collectifs. La majorité d’entre nous étions orphelins et cette situation, dure à vivre, nous a appris à nous soutenir, à découvrir la vraie camaraderie, l’amitié profonde et le respect mutuel.

Privé de la présence de ma mère, l’EPA est vite devenue pour moi une seconde famille. Je garde une immense reconnaissance envers le Capitaine Pommiès, aujourd’hui disparu, qui m’a énormément aidé durant cette période difficile. Cinquante-sept ans plus tard, je reste en contact avec certains de mes anciens camarades, preuve de la force des liens tissés à l’époque.

Les valeurs transmises et leur impact

De retour à la vie civile, j’ai ressenti une certaine déception devant la difficulté à retrouver les valeurs qui m’avaient été transmises à l’EPA. Aujourd’hui, la vie à l’école doit être plus facile, le confort a certainement progressé, les activités se sont diversifiées, la mixité est présente, et les moyens de communication comme le portable et internet permettent de garder un lien permanent avec la famille. Les études sont d’un excellent niveau, comme en témoignent les résultats au baccalauréat, et le sport y est pratiqué au plus haut niveau.

Tout au long de ma vie professionnelle, les valeurs inculquées à l’EPA m’ont servi de repère. J’ai toujours été très bien accepté en tant qu’ancien élève des Pupilles de l’Air. Les connaissances acquises m’ont été précieuses dans mon métier de technicien, où l’on a souvent remarqué la qualité et la précision de mon travail, directement héritées de mon passage à l’EPA. Les sports pratiqués à l’école m’ont permis de rester actif et en bonne forme physique.

Des rencontres inoubliables

Je garde un souvenir particulièrement heureux de mon passage à l’EPA. J’y ai rencontré mon épouse, Claire, dont le père était capitaine dans l’armée de terre. Elle vivait dans l’immeuble en face des Pupilles et fréquentait le lycée des "Eaux-Claires", établissement de jeunes filles situé juste en face de l’EPA, avec lequel de nombreux "Pipins" correspondaient. Claire a elle-même connu beaucoup de mes camarades, et plus de cinquante-sept ans plus tard, nous prenons toujours plaisir à évoquer cette belle époque et la relation particulière qui existait entre Pipins et jeunes filles des Eaux-Claires.

Conclusion

Je suis fier et heureux d’avoir été élève à l’EPA. Je n’en garde que des souvenirs positifs et je remercie du fond du cœur tous les Pipins avec lesquels j’ai partagé une partie formidable de ma jeunesse. Bonne continuation à toutes et à tous, et une pensée particulière pour l’EPA qui a tant compté dans ma vie.

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